L'« empty leg » est le coin le plus mal compris de l'aviation privée. Bien utilisé, il met un Citation Latitude entre Nice et Genève pour moins cher qu'un billet business. Mal utilisé, il coûte plus qu'un devis que vous auriez pu obtenir cinq jours plus tôt.
Ce qu'est vraiment un empty leg
Quand un opérateur transporte un appareil affrété de A à B, l'appareil doit ensuite — à vide — rentrer à sa base ou se repositionner pour son prochain vol. C'est le « empty leg » : ce vol de retour à vide. Les opérateurs le bradent parce que l'alternative est de le voler sans personne à bord.
Vous achetez de l'inventaire qui part déjà là où vous voulez aller. C'est à la fois le secret et le piège.
Les routes européennes qui marchent
- Le Bourget → Nice et retour — toute l'année, en particulier les vendredis soir et dimanches après-midi.
- Genève → Le Bourget — porté par les flux bancaires franco-suisses.
- Nice → Genève / Zurich — pic hivernal, saison de ski.
- Londres (Farnborough / Luton) → Nice — chaque semaine entre mai et septembre.
- Olbia / Cagliari → nord — fin août, tous les opérateurs repositionnent.
Ce que vous verrez peu : les empty legs long-courriers. Les retours transatlantiques et Golfe existent, mais ils sont irréguliers et consommés avant d'arriver chez les clients finaux.
L'économie réelle
Devis charter retail Nice-Genève, jet léger : ~11 500 à 13 500 €. La même route en empty leg, même semaine : ~3 200 à 4 800 €.
La remise est vraie. Les contreparties aussi :
- L'horaire est rigide. Vous bougez dans la fenêtre de l'opérateur, pas la vôtre.
- L'appareil est imposé. Pas de choix de cabine — vous prenez ce qui se repositionne.
- Ils annulent. Si le vol payé en amont décale, l'empty leg disparaît. Prévoyez un plan B remboursable.
Quand l'empty leg fait économiser (et quand il vous coûte)
Vous économisez quand :
- Vous êtes flexibles sur la date à ±24 heures.
- La route correspond à un corridor majeur (cf. ci-dessus).
- Vous voyagez seul ou à deux.
Cela coûte plus cher quand :
- Vous forcez une route que l'opérateur n'allait pas voler.
- Vous réservez un « ferry positioning » qu'il faut créer — ce n'est pas un empty leg, c'est un one-way à prix quasi plein.
- Vous ajoutez une escale ou changez l'horaire.
Règle interne : si l'opérateur peut citer le nom de l'équipage, l'escale carburant, les passagers du vol amont et l'immatriculation, c'est un vrai empty leg. Sinon, c'est un one-way déguisé.
Ce que nous faisons
Nous tenons un flux de vingt-trois opérateurs en France, Suisse, Royaume-Uni, Italie et Golfe. Les empty legs nous remontent entre 48 heures et 10 jours avant le départ. Vous nous indiquez vos routes et votre fenêtre — nous vous mettons en alerte et vous écrivons dès qu'un vol correspond.
Pas d'inscription, pas de frais. Nous sommes rémunérés à la commission par l'opérateur. Le prix que vous payez est le prix de l'opérateur — sans surmarge.
Cas concret
Demande client : Genève → Ibiza, fin août, deux passagers, retour quatre jours plus tard.
- Charter retail aller-retour : 34 000 €.
- Empty leg aller (Genève → Olbia, redirigé sur Ibiza, +50 nm de repositionnement) : 6 400 €.
- Empty leg retour (Ibiza → Genève direct) : 4 900 €.
- Total : 11 300 €.
L'économie vient du fait que deux opérateurs repositionnaient déjà des appareils vers et depuis la Sardaigne ces jours-là. Nous n'avons pas inventé la route — nous avons matché le client à un inventaire qui existait.
À demander avant de signer
- Quelle est l'immatriculation et qui est l'opérateur ?
- Quel est le vol payé en amont, quel est celui en aval ?
- Quelle est la politique d'annulation si le vol amont bouge ?
- Quelle est la tolérance maximale de repositionnement ?
- Le prix est-il tout compris (carburant, handling, catering) ?
Si les réponses sont floues, la remise n'est pas réelle.
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